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Réalité et irréalité

Réalité et irréalité

Nous ne saisissons pas pleinement l'aspect illusoire de ce monde ; si c'était le cas, nous serions en paix, ce qui n'est pas encore notre état actuel. Dire que ce monde n'est pas réel peut sembler contradictoire si nous souffrons et cherchons une issue. Pourtant, nous parlons souvent d'un futur "salut", alors que le temps lui-même est une illusion. Où se trouve la logique dans cette manière de penser ?

Il existe deux chemins : soit nous souffrons et nous acceptons l'existence de ce monde, soit nous sommes en paix et nous le transcendons. Lorsque nous vivons une situation tout en la reniant, nous créons un conflit intérieur. Notre esprit se fragmente et nous perdons la maîtrise de notre vie.
En refusant de voir nos souffrances, nous nous coupons de nos émotions profondes, qui sont pourtant le chemin vers l'Amour et la Lumière. Ce déni est une forme de punition que nous nous infligeons, souvent à cause d'une compréhension erronée de certains enseignements spirituels.
L'irréalité, c'est le fait de s'identifier à ce qui n'est pas fondamentalement réel. Cependant, l'impact de cette identification sur notre état d'esprit, lui, est bien réel. Ainsi, lorsque nous ressentons de la tristesse, cette émotion est une réalité vécue. Mais si nous prenons conscience que ce n'est pas notre essence profonde qui est triste, mais simplement un "personnage" auquel nous nous sommes identifiés, cette tristesse perd son emprise sur nous.
Tout ce que nous percevons comme réel ou irréel prend racine en nous. Nous ne pouvons pas prétendre que le monde n'est pas réel tout en continuant à le construire par nos pensées. La cohérence voudrait que, si nous affirmons qu'un phénomène est illusoire, il cesse immédiatement d'avoir de l'influence sur nous. Sinon, ce ne sont que des paroles vides.
Ce à quoi nous nous identifions devient notre réalité. L'identification est un choix : si nous nous identifions à l'Amour, nous sommes heureux ; si nous nous identifions au manque d'amour, nous souffrons. Penser que la souffrance n'existe pas ne suffit pas ; nous devons expérimenter cette "irréalité" pour comprendre qu'elle n'a pas de substance. C'est ainsi que nous retrouvons notre nature profonde, faite d'amour.
Notre malheur provient souvent de théories que nous n'avons pas vécues par nous-mêmes. Nous attendons d'autrui — un maître, un expert ou notre propre ego — qu'il détienne la vérité, lui cédant ainsi notre pouvoir personnel.
Si nous nous identifions à ce monde matériel et que nous le renions brusquement, nous nous retrouvons dans un vide inconfortable, car nous n'avons pas encore fait l'expérience d'un autre état. Cela se traduit par une sensation de blocage et une difficulté à agir. Le déni fige nos énergies et ralentit notre évolution.
La solution consiste à revenir vers ce que nous avons nié, à l'accepter et à le vivre pleinement. C'est en accueillant nos ressentis, sans les juger, que nous ouvrons la porte à une véritable connaissance de soi. En abandonnant le déni et en acceptant notre réalité présente, ce qui n'est pas essentiel finit par s'effacer de lui-même.

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